Le hammam en Algérie, une histoire, une tradition, un repère en voie de disparition

Le hammam en Algérie, une histoire, une tradition, un repère en voie de disparition
Le bain, l'hygiène et... l'interdit

Le hammam est un lieu de palabres, un lieu intime où l'on se confie, et où règne au milieu des brumes parfumées une ambiance extraordinaire faite de bruits d'eau, de rires et de murmures. La tradition du bain maure remonte à plusieurs siècles. Elle est issue de la fusion des traditions grecques, romaines et turques. Avec l'expansion de l'Islam, le bain maure s'est imposé comme partie intégrante de la culture maghrébine.


Chez nous, dans la plupart des régions du pays, le hammam est une destination incontournable. S'il est vrai qu'il a beaucoup perdu de ses fréquentations ces dernières années pour cause de modernité, d'une part, et de rumeurs accablantes, d'autre part, il n'en demeure pas moins qu'une virée dans la salle chaude du hammam reste un moment privilégié pour bon nombre d'Algériens. Le hammam fait partie de nos traditions, comme il est partie prenante de notre quartier. Une virée à l'intérieur de cet établissement mérite le détour. Le hammam se divise en trois enceintes. La première appelée « sqifa » sert de salle d'attente. Un rideau y est accroché lors de la séance pour femmes. Il est bon de préciser que le hammam est un lieu que partagent les matinées les femmes et en fin d'après midi, voire les débuts de soirées, les hommes. C'est pour cela qu'un écriteau est placée juste devant la porte pour indiquer la présence d'une telle ou telle catégorie. La deuxième enceinte est une salle ornée d'arcades au style mauresque et fait fonction de vestiaire.

La troisième salle est nommée « bit eskhouna » ou chambre chaude. La température y varie entre 40° et 60°, saturée à 100% d'humidité. Dans les bains traditionnels, on y trouve deux bassins, un pour l'eau chaude et l'autre pour l'eau froide. Les femmes sont censées ramener avec elles un seau, afin de puiser l'eau. Dans les régions du centre, ce seau porte le nom de « mahbess ». Dans les bains modernes, les deux bassins sont supprimés et remplacés par un socle, communément appelé « sorra » et des petits éviers en marbre avec des robinets d'eau chaude et froide, épargnant ainsi aux baigneuses l'effort d'aller chercher l'eau. En tant que lieu public, le hammam est presque l'unique endroit où il n'existe aucune distinction sociale. Toutes les catégories s'y côtoient.

Mis à part le bain, le principe premier du hammam est de s'extraire de son quotidien, surtout de se détendre. Pour cela, tout un personnel y est mobilisé pour garantir la meilleure prise en charge. Pour les hommes, il s'agit d'un homme assez costaud, un gaillard, appelé « moutcho ». Cet homme, dont l'appellation tire son origine de l'espagnol, a une grande carrure, une bonne musculation et surtout un grand souffle, sachant qu'il passe son temps dans une salle à la température très élevée. Le moutcho se charge du massage et du gommage. Dans certaines régions du pays, la plupart des moutchos venaient du Maroc, un pays où existent beaucoup de hammams. Pour information, c'est l'Egypte qui détenait le plus grand nombre de hammams renommés pour être les plus beaux de l'Orient. Aujourd'hui, le Caire ne compte que six établissements. Mais pour revenir aux moutchos, il faut souligner que ce métier se perd, et « la main d'oeuvre » qui parvenait du Maroc s'est tarie au fil des années. Chez les femmes, il y a deux sortes de services. Celui accompli par la « nadhera », et celui de la « tayyaba ».

En premier lieu, et dès l'entrée au hammam, nous retrouvons la nadhera. C'est elle qui se charge des affaires des clientes, déshabille les enfants qui accompagnent les parents, applique les teintures et le henné, surveille les affaires et se tient mobilisée pour servir les serviettes ou le peignoir lorsque la femme finit son bain. En parlant des enfants, il faut signaler que dans les traditions, les jeunes garçons de plus de 8 ans ne sont pas admis dans le hammam des femmes. Les gérantes veillent au grain. Dans la chambre chaude, nous retrouvons le rôle de la tayyaba. Cette dernière est chargée du massage et du gommage. Pour l'histoire, disons que le mot « tayyaba » tire son origine de l'époque où les femmes étaient chargées de faire chauffer l'eau pour le servir aux clientes. D'où l'appellation « tayyaba ». Elles jouaient un rôle social très important. La tayyaba était, en quelque sorte, une véritable agence matrimoniale. Rien ne lui échappait.

Toutes les portes des maisons lui étaient ouvertes. Elle était respectée et avait sa place dans toutes les cérémonies familiales. La tayyaba faisait l'intermédiaire entre deux familles, les rapprochait et ramenait les informations utiles pour une union. Plusieurs accords de mariage se sont déroulés dans un hammam sous la conduite vigilante d'une tayyaba. Les jeunes filles n'avaient pas le droit d'élever la voix au hammam, encore moins d'offenser la tayyaba, de peur de ne jamais figurer sur la liste des prétendantes au mariage. Certaines versions rapportent que la tayyaba disposait d'une chambre où elle recevait les dames à la recherche de la perle rare pour leur fils. Que ce soit à Alger, Constantine ou à Oran, le bain de la mariée reste un évènement très spécial. Les manières de le célébrer demeurent presque les mêmes. Dans certaines régions, un matériel spécial est toutefois nécessaire.

Au centre du pays, on célèbre le dernier bain de célibat de la future épouse avec la derbouka, cherbette et des gâteaux faits maison. L'heureuse élue est accompagnée de toute sa tribu avec un enchaînement de youyous et de chansons jusque devant la porte du hammam. Tradition oblige, elle ne doit se déshabiller que dans la pièce chaude où une chaise l'attend sur la sorra ornée de bougies. Après son bain, elle reviendra s'asseoir avant de se diriger avec ses accompagnatrices vers la chambre froide où cherbette et gâteaux seront distribués à tous les présents au hammam, y compris les étrangers aux familles. A Constantine, l'ambiance est presque la même. La mariée reçoit un traitement spécial de la part des propriétaires du bain. Ce qui fait la différence entre les deux régions est qu'à Constantine, c'est parfois la mariée elle-même qui prend en charge les frais de toutes ses accompagnatrices. A Oran, l'ambiance du dernier bain de célibat est presque identique. Par contre, après la cérémonie de mariage, la nouvelle mariée va encore au bain, accompagnée cette fois-ci de sa belle-mère. Dans la ville de Sidi El Houari, modernité oblige, la cérémonie du bain est impérativement accompagnée d'une chaîne Hifi et d'une caméra.

Le hammam aujourd'hui...

Le hammam, ce n'est pas seulement l'histoire d'un mariage où d'un bain, c'est aussi les légendes qui accompagnent l'histoire d'un établissement par rapport à un autre, par rapport aussi à des périodes. Par exemple, l'on rapporte qu'une femme qui est entrée dans une chambre chaude « vide » s'est retrouvée quelques instants plus tard en compagnie d'une étrange belle dame qui changeait de place sans bouger. Cette baigneuse sortit terrifiée de la chambre chaude au moment où cette étrange femme arriva près d'elle et lui ordonna de ne jamais revenir au hammam après la prière d'El Asr. Dans la même croyance, plusieurs pratiques, parfois insensées, se déroulent dans les bains maures, comme le miroir qu'on doit mettre en face de la mariée pour parer contre le mauvais ½il. Tant que la mariée se regarde dans ce fameux miroir, sa vie sera très claire et sans problèmes.

Pire encore, à Aflou dans la wilaya de Laghouat, on donne trois coups de balai au hammam dans le dos de la jeune fille qui ne se marie pas. On embrasse les murs de la chambre chaude pour ne pas avoir affaire à des djins ou encore, on allume des bougies pour espérer avoir des enfants ou garder son bébé, et bien d'autres pratiques encore plus bizarres les unes que les autres. Bien que le nombre des hammams n'est plus le même comparé aux années passées, et que ce rituel est souvent boudé par les nouvelles générations, pour certains, rien ne remplace un bon bain, au moins une fois par mois. Durant la décennie noire, les prêches incendiaires aidant, ce lieu public était quasiment interdit aux hommes et surtout aux femmes. Il était considéré comme un lieu de débauche. La plupart des bains maures ont été abandonnés, d'autres carrément détruits, comme Hammam Boualem, à Blida, démoli par son nouveau propriétaire dans l'indifférence des autorités locales. D'autres hammams, véritables repères de l'histoire, sont dans un état vétuste et nécessitent un peu d'attention de la part des autorités concernées par la sauvegarde du patrimoine, car c'est une véritable architecture qui dépérit.

Dans plusieurs endroits du pays, les bains maures ont une histoire, un nom, mais aussi une extraordinaire architecture qu'il serait criminel de ne pas s'y intéresser de plus près. Abandonnés par les clients, décriés par les esprits rétrogrades, les hammams doivent faire l'objet d'une meilleure attention, et surtout d'une meilleure sensibilisation auprès de leurs propriétaires plus inquiets par le chiffre d'affaires que de l'entretien. Cette situation a fait que plusieurs lieux sont devenus infréquentables, de par le manque d'hygiène et l'éventualité d'une propagation de maladies contagieuses.

Des hommes de sciences en parlent


- Dr Djamel Maatouk, maître de conférence à la faculté des lettres et sciences sociales à l'université Saad Dahleb de Blida : « Le hammam avec son aspect actuel est un vestige qui joue plusieurs rôles selon l'âge et le sexe de ceux qui le fréquentent. Il fait rappeler le ventre originel et libère l'être humain de toutes les frustrations. Le phénomène de nudité est relié à l'aspect du hammam qui est un lieu d'investissements. Les gens font des calculs et le phénomène de l'offre et de la demande est prédominant. En plus, le corps est un objet qui doit être mis en valeur, surtout avec les 8 millions de célibataires en Algérie. Le hammam montre ses inconvénients quand il est utilisé à d'autres fins. Il peut être une auberge pour les différents types de déviance, un lieu de crimes d'ordre sexuel, de drogue, de débauche, de pédophilie et d'homosexualité. »

- Dr Saïd Kahlouche, dermatologue : « Malgré le fait que le hammam donne à la peau éclat et purification, il est parfois la cause de plusieurs maladies de la peau, telles que la gale, les infections du poil ; ce qui nécessite l'utilisation des antiseptiques après l'épilation. Il peut même être à l'origine des mélanomes. »

- Dr A. Ouitis, médecine générale et maladies de la femme et des enfants :
« La plupart des infections qu'attrapent les femmes ont pour origine le hammam. Et plus précisément de la qerdha (morceau de bois coupé d'un tronc d'arbre servant de chaise). Les infections les plus répandues sont le trichomonas et les vaginites. La majorité de ces infections sont une suite logique au non-respect des normes de propreté non respectées et des nouvelles crèmes dépilatoires qui portent souvent préjudice à la santé de la femme. »

- Dr N. Massied, psychiatre et psychothérapeute : « L'obscurité et l'humidité sont des facteurs qui favorisent l'angoisse. Le hammam assouvit la curiosité des jeunes adolescentes qui sont à la quête de leur corps. Elles se comparent entre elles et elles comprennent mieux leur physionomie. Comme le hammam est l'unique lieu où toutes les limites tombent, il peut être un paramètre déclenchant de l'homosexualité et des différentes déviances. Ce qui nécessite plus de conscience et de décence. »

Par Asma Bersali
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# Posted on Saturday, 03 January 2009 at 8:39 AM

projet primordial pour la circulation à Boufarik

projet primordial pour la circulation à Boufarik
Une trémie toujours à l'état de chantier

Cela fait presque une année que le chemin de wilaya (CW) 112, reliant la commune de Boufarik à celle de Soumaâ, est fermé à la circulation automobile. Ce chemin important et névralgique a été classé premier axe « accidentogène » dans la wilaya de Blida.


Afin de remédier à ce problème, le projet d'une trémie, passant au-dessous de la voie ferrée et transitant par ce chemin, a été officiellement lancé par le ministre des Travaux publics, Amar Ghoul, en septembre 2007. Toutefois, plus d'une année après, ce projet piétine toujours et attend son démarrage « réel ». Ce retard ne cesse de causer des désagréments aux nombreux automobilistes venant de la commune de Soumaâ, lesquels souffrent quotidiennement le martyr avant d'atteindre la ville des Oranges. Ils se voient obligés de faire un grand détour passant par l'autoroute, ou pis encore par des routes étroites et boueuses longeant les petites localités de Halouya, Beriane ou la commune de Guerrouaou.

Le même retard constitue aussi un danger mortel pour les piétons qui sont obligés de traverser les rails, car la passerelle n'est construite qu'à moitié. Contacté à ce sujet, Saïda Mourad, directeur des travaux publics de la wilaya de Blida, dira : « L'électrification des rails et l'impossibilité de passage des foreuses, à cause des caténaires portant les câbles électriques, sont les contraintes majeures qui gênent le cours des travaux de ce chantier fort important pour toute la région. Cela a causé l'arrêt des travaux depuis plus de quatre mois. » Il expliquera que sa direction a demandé à l'Agence nationale d'études et du suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (Anesrif) et à la SNTF de couper momentanément les câbles qui gênent, mais ces dernières ont totalement refusé.

« Leur raison était que ces câbles, une fois coupés, ne sont plus réutilisables. Acheter de nouveaux câbles nécessiterait des sommes faramineuses pour eux. Cela nous a poussés à chercher d'autres solutions », ajoutera t-il. Selon notre interlocuteur, cette solution vient à peine d'être adoptée par les parties concernées par le chantier, notamment la SNTF, l'Anesrif, la DTP et la Sapta, qui est responsable de la réalisation du projet. Elle consiste à remplacer un pieu par 4 micropieux. « Cette solution nous a obligés à revoir notre note de calculs. Le budget prévu pour ce projet, estimé à 123 milliards de dinars, est appelé à être révisé par une commission composée par les mêmes parties concernées », expliquera le DTP de Blida.

Ce dernier annoncera que ce projet sera livré au mois d'août 2009, délai maximal. Notre interlocuteur nous a informés, par ailleurs, que ses services viennent de contacter la SNTF pour que l'autorail, avec une vitesse de 160 km/h et qui démarrera prochainement sur la ligne Alger-El Affroun, ralentisse à l'approche du chantier en ne dépassant pas les 40 km/h. Entre-temps, les habitants de Boufarik, qui entrevoient enfin le bout du tunnel, espèrent qu'il n'y aura pas de retard dans la livraison du projet.
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# Posted on Sunday, 07 December 2008 at 7:14 AM

Chréa vétue d'un manteau blanc

Chréa vétue d’un manteau blanc
Beauté du site et le reste

Chréa, vêtue de son manteau blanc, n'a pas manqué cette occasion pour séduire des milliers de familles qui ont profité de cette aubaine pour décompresser de la fièvre du mouton qui règne dans le pays en cette période de « pré-Aïd ».


Dès le début du week-end, on pouvait facilement distinguer les interminables files de voitures transportant les fans de la neige, ce qui a causé un bouchon monstre au rond- point de Bab Errahba, à proximité de l'école primaire Sidi Yekhlef. Une fois en haut, le Ski club ne pouvait plus répondre à la demande des amateurs de la glisse. Venus en groupes ou en solo, des femmes, des hommes et des enfants ne cessaient de réclamer les luges en bois louées à 200 DA de l'heure. D'autres préféraient prendre des photos souvenirs, acheter de la barbe à papa pour leurs enfants ou encore faire des randonnées à pied ou à cheval. Les chevaux étaient loués à 250 DA la randonnée qui ne dépassait pas quelques minutes.

Le Ski club de Chréa, qui attire tant de gens, est, en fait, géré par des jeunes qui fabriquent manuellement les luges pour les louer. Une manière comme une autre de gagner leur vie. « Nous sommes une dizaine de jeunes qui gérons ce Ski club. Nous avons pris seuls cette initiative lorsque nous avons vu le nombre important de visiteurs en ces temps d'hiver, alors qu'aucune infrastructure de loisirs n'est disponible pour ces passionnés de la neige », dira Nacer, un des jeunes gestionnaires de cette station de ski.

Croisant un groupe de randonneurs, ces derniers se lamenteront de l'absence de certaines commodités, telles que les toilettes publiques. Malgré cette pauvreté infrastructurelle dont souffre ce site paradisiaque, les enfants ne peuvent être que très heureux lorsque leurs parents se décident enfin à payer la location d'un traîneau. Ils arrivaient même à se chamailler entre eux avant de désigner qui sera le premier à y monter. Il faut noter aussi qu'un vie commerciale s'est installée à Chréa au détour de ces premiers flocons de neige. Tout se vendait. Il y avait des bonnets, des cache-nez, des fruits secs, du miel pur et beaucoup d'autres choses. Si Chréa offre toute cette beauté, il serait malhonnête de ne pas signaler cette image désolante qui se répète à chaque virage de la route menant vers ces hauteurs. Il s'agit du manque d'hygiène, qui aurait pu être largement dépassé grâce au civisme des uns et au devoirs des autres. Chréa ne serait que plus belle.
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# Posted on Sunday, 07 December 2008 at 7:05 AM

Chelha Sid Ahmed. Président de l'association Chlorophylle pour la protection de l'environnement

Chelha Sid Ahmed. Président de l’association Chlorophylle pour la protection de l’environnement
« L'éco citoyenneté est l'unique solution »


En quoi consiste votre projet et pourquoi avoir choisi ce thème ?


La wilaya de Blida connaît de nombreux problèmes liés à l'environnement dont la dégradation de l'hygiène, du paysage et de l'urbanisation accélérée et mal contrôlée, la prolifération des décharges sauvages. Notre projet a pour but de contribuer à l'éducation environnementale des jeunes de 6 à 16 ans autour de ces problèmes ainsi que les risques qui nous guettent quotidiennement. Le choix du thème de l'écocitoyenneté n'est pas venu d'une manière aléatoire, mais il est le résultat d'un travail et d'une expérience de 12 ans sur le terrain. Durant ces années, nous avons fait beaucoup de travaux de proximité et nous avons pu élaborer une cartographie des innombrables sites pollués dans la wilaya. Donc, avec notre projet, nous voulons commencer avec le premier maillon de la société qui est l'enfant. Ce projet, financé par la communauté européenne, d'un montant de plus de 4 millions de dinars, consiste à former des enseignants pour animer des clubs verts dans 150 établissements scolaires ainsi qu'à manipuler un outil pédagogique.

Parlez-nous un peu de cette formation ?

Nous avons programmé deux stages de formation. Le premier consiste à apprendre à l'enseignant formateur ce qu'est un club vert ainsi que les outils qu'on pourrait mettre en exergue pour réussir ce stage. Nous avons créé cinq ateliers de travail traitant les sujets suivants : le club vert, l'eau, les déchets, les énergies renouvelables et enfin la biodiversité. Avec ces thèmes, nous essayons de toucher à tous les secteurs vitaux. Cette première formation touchera 100 enseignants animateurs et se déroulera en collaboration avec la direction de l'éducation, elle sera suivie d'une 2e formation qui se basera sur la manipulation de l'outil pédagogique.

Qu'est-ce que l'outil pédagogique ?

La forme de cet outil n'est pas encore définie, mais le contenu y est. Il consiste en un classeur de 30 fiches techniques qui aborderont les quatre thèmes déjà cités avec un 5e qui est les écogestes. On entend par écogestes, le modèle de vie d'un enfant ordinaire, de 7h jusqu'à ce qu'il se mette au lit. L'outil pédagogique contiendra un manuel de connaissances qui va servir d'outil de travail à l'enseignant et aux élèves du moyen. Pour ceux du primaire, il y a le livre de coloriage. Il y aura aussi un jeu éducatif qui va traiter les problèmes des énergies renouvelables En dernier, c'est le CD-ROM. Il rassemblera les quatre outils précédents ainsi que des jeux de réflexion.

Vous, en tant qu'association, comment voyez-vous l'environnement à Blida et quelles sont les solutions ?

Sincèrement, concernant l'environnement à Blida, il y a une cote d'alerte. Cette dernière est remarquée par la propagation de plusieurs maladies telles que le cancer et la typhoïde. Ces maladies sont transmises parfois par les enfants qui fréquentent les décharges sauvages à la recherche d'un objet de valeur ou d'un jouet et à travers les animaux qui s'alimentent dans ces décharges sauvages. A mon avis, la solution est de responsabiliser le citoyen et le responsable et d'éveiller leur état de conscience vis-à-vis du danger qui frappe à l'amont. Il faut aussi instaurer des stations d'épuration pour les zones industrielles afin d'épargner aux générations futures de réparer, si elles le peuvent, ce que nous avons commis comme dégâts.
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# Posted on Wednesday, 19 November 2008 at 7:57 AM

Edited on Wednesday, 19 November 2008 at 8:12 AM

Pollution à Blida

Pollution à Blida

Les immondices font décor

Quand la salubrité fait défaut, l'environnement humain, animal et végétal est menacé. Au XXIe siècle, il est impossible de penser qu'une grande wilaya comme Blida, située à moins de 50 km de la capitale, puisse crouler sous la saleté.


Il est désolant aussi de voir cette ville, réputée autrefois par ses roses et ses paysages paradisiaques, vivre aujourd'hui sous le règne de ses déchets. Routes, boulevards ou étroites ruelles, aucun endroit n'est épargné par les sachets en plastique de toutes les couleurs, des bouteilles vides jetées ça et là, des cartons et de tous les autres types de détritus qui offrent aux paysages de cette belle ville un aspect lugubre. Parmi les premières causes de cette situation, on citera les marchés informels qui sont considérés comme les premiers générateurs de déchets ainsi que le nombre d'habitants qui a largement augmenté ces dernières années. Selon la direction de l'environnement, la norme du volume quotidien de déchets par individu qui est de 0,5 kg est largement dépassée pour atteindre 0,7 kg/ habitant/jour. Ce qui donne à la situation une ampleur grave, ce sont les décharges sauvages qui pullulent un peu partout dans la wilaya et qui s'accroissent dans les zones désertées et sur les abords des oueds. Selon la direction de l'environnement de Blida, il existe environ 25 décharges sauvages dans la wilaya, et on citera comme exemple celle de oued Bouarfa. Cette dernière est totalement étouffée par les déchets d'une entreprise privée, des matériaux de construction combinés avec les arbres sauvages et les immondices ménagers des bidonvilles qui jonchent ces rives. Un peu plus loin, dans la commune de Beni Mered, les anomalies que présente l'oued Beni Azza sont nettement visibles. Tous les témoins de l'érosion sont identifiables. On peut en citer des griffes, des stries, de grands arbres perchés sur leurs racines ainsi que des dépressions importantes dues aux extractions de sable. Sans omettre que ce oued, qui était dans un passé récent une décharge publique contrôlée, est toujours la destination de certains individus malintentionnés qui viennent y jeter leur ordures et leurs gravats. Un peu plus à l'ouest, la commune de Oued El Alleug connaît plusieurs décharges sauvages provoquant ainsi la grogne chez les habitants de cette ville et dans celle située dans l'oued portant le même nom, certains commerçants y jettent des déchets d'abattage. Contacté, le P/Apc de cette commune niera la présence d'une telle atrocité, mais il avouera cependant : « La seule décharge que nous possédons est une décharge publique contrôlée sise sur les rives de oued Chiffa. Nous avions un projet d'un centre d'enfouissement technique qui a été rejeté par la direction des services agricoles sous prétexte que le terrain choisi est une terre agricole. » Dans le chef-lieu, l'exemple n°1 d'insalubrité est celui du marché Guessab situé à l'entrée de la ville, ce dernier près du stade Mostapha Tchaker et de la gare routière est considéré comme la plaie profonde du chef-lieu de la wilaya vu le nombre important de marchands ambulants qui l'entourent et qui génèrent des tonnes de déchets quotidiennement.

Eboueur, un sale noble métier

Le volume des déchets augmente, et en contrepartie le nombre d'éboueurs régresse, ou du moins reste insuffisant et dans la wilaya de Blida, le déficit en éboueurs est un problème courant. La commune de Bouarfa ne dispose que de 5 éboueurs qui seront renforcés de 6 autres dans les prochains jours. Par contre, la commune de Oued El Alleug possède un effectif de 35 éboueurs qui seront prochainement consolidés par l'arrivée de 20 autres employés chargés du nettoiement. Confirmé par un des membres administratifs du service des agents chargés du nettoiement de la commune de Blida, il nous a été difficile de croire que le chef-lieu de la wilaya ne dispose que de 182 éboueurs (tous grades confondus) dont 36 balayeurs seulement pour toute la ville des Roses. Les vacataires ne dépasseront pas le nombre de 42, dont 3 sont des chauffeurs. « Je n'ai pas honte de mon métier, au contraire j'en suis fier, sauf que nous rencontrons, mes collègues et moi, beaucoup de contraintes qui rendent notre travail difficile et parfois infructueux », nous confiera un jeune éboueur. Il avouera que le premier handicap est le manque de moyens humains et matériels. « Par rapport à la forte demande formulée par les citoyens, notre nombre est minime. En plus, nous n'avons pas de tenues adéquates pour nous faciliter notre métier telles que les bottes, les capuchons, les uniformes et le matériel qu'on utilise », ajoutera notre jeune interlocuteur. Questionné sur son salaire, on apprendra qu'il ne dépasse pas les 9000 Da/mois. « C'est un salaire maigre comparé aux efforts qu'on fournit chaque jour. A titre d'exemple, parmi les équipes de nuit, un groupe de 3 éboueurs et un chauffeur ramasse 200 bacs chaque nuit entre la cité de Benboulaïd et celle des Bananiers, chose qui me pousse à trouver un autre boulot en parallèle comme vendeur de qalb ellouz pendant le mois de Ramadhan », conclura notre interlocuteur

Un CET sans Epic...

Suite à la forte pression exercée par la société civile qui ne pouvait plus supporter les odeurs nauséabondes que dégageait la décharge sauvage de Chiffa, le centre d'enfouissement technique de Soumaâ a été ouvert et sa gestion léguée à l'APC de Blida en attendant la création de l'Epic. « L'Epic, qui existe sur papier, attend la décision délivrée par les ministères de l'Intérieur et des Collectivités locales, des Finances ainsi que celui de l'Aménagement du territoire, de l'Environnement et du Tourisme », dira Bouaouameur Azzedine, directeur de l'environnement de la wilaya de Blida. Rappelons que ce CET coiffe 9 communes ainsi que les corps constitués. Selon M. Oumane, détaché de l'APC de Blida et chargé de la gestion provisoire du CET, ce dernier reçoit 200 camions qui y déversent environ 400 t quotidiennement. Cette structure, qui est d'une capacité de 350 000 m3, souffre de plusieurs problèmes tels que les difficultés rencontrées par les camionneurs lors de leur accès vers le casier. « Le problème d'accessibilité sera rapidement pris en charge. Ces contraintes étaient attendues vu que l'EPIC n'est pas mis en place. La mauvaise gestion est de mise dans cette phase transitoire », expliquera le directeur qui n'hésitera pas à nous fournir des renseignements concernant le dispositif de Blanche Algérie : « Dans le cadre d'un programme que nous sommes en train d'établir en collaboration avec la direction de l'action sociale, nous visons la commune de Blida. Nous voulons imposer aux jeunes qui choisissent ce créneau d'atteindre les 3 buts fixés qui se résument en l'impact visuel du travail entrepris, la réalisation finie du travail et le contrôle et le suivi régulier du service fait », dira le directeur avant de conclure : « Nous voulons absolument impliquer les comités de quartier dans ce processus. Dans le cadre de ce projet, nous avons ciblé 4 points noirs dont la route de Chréa et le marché Guessab. En utilisant le langage des roses, nous mettrons des panneaux de protection de l'environnement dans le cadre de campagnes de sensibilisation. »
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# Posted on Wednesday, 19 November 2008 at 7:50 AM